Publié le 29/09/2026
Article rédigé le 22 septembre 2026
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a prononcé le 16 septembre 2026 son discours annuel sur l’état de l’Union européenne (UE). Devant l’assemblée plénière du Parlement européen, avec comme invité d’honneur le premier ministre canadien Mark Carney, en appelant au respect des valeurs de l’Europe et à la lutte contre les forces qui veulent briser l’unité européenne, elle a présenté les priorités de l’Union européenne (UE) pour l’année à venir.
La question des ressources européennes est essentielle : tant que ce sont les Etats membres qui fournissent le principal du budget européen, il est difficile que ce ne soit pas le Conseil formé des chefs d’Etats et de gouvernements qui impose ses vues. En ce moment se négocie le « cadre financier pluri-annuel » (CFP) 2028-2034. La Commission a proposé un CFP représentant près de 2 000 milliards d’euros en prix courants, soit environ 1,26% du RNB européen. De son côté, le Parlement européen demande un budget correspondant à 1,27% du RNB européen, en excluant du plafond les remboursements de la dette de NextGenerationEU (qui représenteraient environ 0,11% du RNB). (source : Matthieu Hornung pour Sauvons l’Europe https://www.sauvonsleurope.eu/les-defis-de-la-neutralite-pour-la-presidence-irlandaise-du-conseil-de-lunion-europeenne/)
Comme d’habitude en la matière, les pays se partagent entre les « frugaux » (Allemagne, Pays-Bas, Suède, Autriche) souhaitant contenir, voire réduire, le volume des dépenses et ceux qui portent une autre vision confiant à l’UE de nouvelles responsabilités, finançant davantage de biens publics européens au moyen d’un budget commun plus important (davantage de sécurité, de souveraineté industrielle, de transition écologique, de cohésion et de soutien à l’Ukraine).
Mme von der Leyen a abordé la question des ressources propres. La Commission propose cinq nouvelles ressources propres : une part des recettes du système ETS – Système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne, marché du carbone créé en 2005 pour inciter les entreprises à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre – une part du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM), une ressource liée aux accises sur le tabac, une contribution sur les déchets électroniques et surtout une « Corporate Resource for Europe » (CORE), contribution forfaitaire annuelle des grandes entreprises réalisant plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires dans l’Union. L’ensemble devrait produire environ 58 milliards d’euros par an en moyenne selon les estimations du Conseil – Pour mémoire : le budget annuel de l’Union européenne pour l’année 2026 s’élève à 192,8 milliards d’euros en engagements et à 190,1 milliards d’euros en paiements ; donc cela avoisinerait 30% du budget annuel…
La lettre d’Euractiv nous apprend qu’aujourd’hui, sous la présidence de Thomas Byrne, ministre irlandais des Affaires européennes, « les ministres des Affaires européennes se réunissent à Bruxelles pour leurs dernières discussions budgétaires avant que les capitales nationales ne reçoivent un cadre de négociation révisé, marquant ainsi le début de trois mois de négociations tendues et de jeu politique à haut risque » https://newsletter.euractiv.com/mail/6355c72c-10fd-433b-90bc-64ad0cdeb8cc/index.html?s=639256549913851795
La semaine dernière également lors de la présentation du rapport 2026 de la Fondation Schuman, le représentant de la France auprès de l’UE, Philippe Léglise-Costa, indiquait l’urgence d’arriver à un accord avant la fin de l’année du fait des échéances électorales au sein de grands pays de l’UE en 2027 : France, Italie, Espagne, Pologne, Grèce, Finlande.. Une série éprouvante de sommets aux enjeux majeurs sont prévus les 15 octobre, 13 novembre et 17 décembre, sous la présidence d’António Costa.
Une fois l’accord obtenu au Conseil européen, une autre bataille se mènera auprès des députés européens qui doivent approuver l’accord. (Ce processus avait pris cinq mois en 2020).
Si le sommet de décembre ne parvient pas à obtenir l’unanimité parmi les 27 capitales, un plan B est déjà prévu : organiser un autre sommet d’urgence soit fin janvier, soit début février, avec jusqu’à cinq jours consacrés aux négociations. Plus les négociations s’éternisent, plus le risque est grand d’une crise politique plus large au second semestre 2027.
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Voir aussi : https://www.touteleurope.eu/institutions/le-sort-de-l-europe-doit-rester-aux-mains-des-europeens-ursula-von-der-leyen-defend-une-union-plus-independante-lors-du-discours-sur-l-etat-de-l-union-2026/
Nicole Fondeneige – Vaucheret
