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- Citoyens/Citoyenneté -

Quelques jours là-bas

De nombreux groupes de La Vie Nouvelle sont investis dans des mouvements en faveur de la paix au Proche-Orient et de la reconnaissance du peuple palestinien.
Vous trouverez dans les pages qui suivent l’expression quatre expériences distinctes, quatre voyages ou séries de voyages, qui donnent des témoignages contrastés et complémentaires.

Par Martine Almy, groupe de Caen

Comme beaucoup, Martine Almy, du groupe de Caen, a voulu mieux comprendre la situation d’Israël : elle s’est rendue sur place avec deux amies en 2010…

Je me suis intéressée à la culture juive à travers la littérature : Isaac B. Singer, Elie Wiesel, Chaïm Potok, j’ai lu quantité de témoignages de ceux qui ont vécu la Shoah, avec un sentiment de compassion, de révolte et d’incompréhension. Il m’a semblé juste de permettre à ceux qui avaient été rejetés, humiliés lors de pogroms, qui étaient sortis meurtris des camps nazis, de pouvoir souffler et s’installer quelque part. Pourquoi pas en Israël ? Candide dans les années 70, je me suis renseignée sur les kibboutz toujours avec des livres. J’étais séduite par cette forme de communauté. Je pensais qu’il y avait place pour eux aussi, que cette partie du monde était très peu peuplée. Je ne me suis pas posé la question du sort de la Palestine et de ses habitants.

Au fil du temps, des questionnements ont surgi :
• Pourquoi ceux qui arrivaient après la guerre avec leur numéro de camp sur le bras étaient-ils si mal accueillis par les Israéliens ?
• Pourquoi ces conflits entre Palestiniens et Israéliens ?
J’ai compris que je n’avais pas toutes les informations. Les témoignages lors de conférences, les articles de presse, des films, m’ont permis de découvrir une réalité : un peuple colonisait, un autre était bafoué dans ses droits.

Un collectif mis en place sur Caen organisant des conférences, les retours de délégation de militants des associations appartenant à ce collectif m’ont apporté de nouveaux éclairages sur le quotidien des Palestiniens, sur les voix de certains Israéliens en désaccord avec la politique de leur gouvernement.

Un jour, j’ai voulu sentir dans mon corps, vivre quelques jours là-bas, pour aussi témoigner, pour que ces femmes et hommes qui ont perdu leurs droits sachent qu’on est un petit peu là.

Je souhaitais y aller avec Monique et Catherine, deux amies qui connaissent bien aussi le pays, c’est une chance pour nous autres les nouveaux. Elles vont nous emmener découvrir cette terre et rencontrer des hommes et des femmes qui nous raconteront leur quotidien, leurs luttes, leurs espoirs ou désespoirs.

On a beau savoir, ce que nous vivons alors nous envahit. Peut être sommes-nous un tout petit peu changées. D’abord, découvrir Jérusalem, à 6 heures le matin, en arrivant. Nous sommes à la maison d’Abraham, lieu serein et beau. La ville se réveille doucement, le dôme doré de la mosquée brille dans cette belle lumière du matin.

En visitant la ville, nous marchons dans des mondes différents. Là où les religions devraient se côtoyer, vivre en bonne intelligence, on a l’impression que chacune a à cœur de se différencier, de se montrer ostensiblement : les défilés de pèlerins sur la Via dolorosa, des démonstrations de piété au mur des lamentations, une banderole à Nazareth (il est vrai que la petite mosquée jouxte l’énorme église de l’Annonciation) rappelle que si nous ne suivons pas le Coran, nous n’aurons droit qu’à l’enfer.

Déjà là, un enfermement ! Mais le beau est là aussi. Cette mosquée, l’église Sainte-Anne, les remparts et ses portes.

J’ai eu envie de pleurer, je me suis sentie souvent impuissante, mais notre groupe s’entendait, discutait, se questionnait. Nous avons eu nos moments joyeux, à danser et chanter avec les enfants de Mahmoud, à parler avec sa femme, à essayer de comprendre ce qui se passait lorsque nous étions dans des familles où les codes ne sont pas les mêmes.

Pour tout ce voyage, des mots : l’arbitraire, l’humiliation, la folie (check points, mur, coupures d’eau et d’électricité, voies dévastées chez les Palestiniens). Le mépris, l’"inconscience" des soldats qui portent leur arme comme s’ils portaient leur sac à main, le racisme, l’apartheid, mais aussi l’attention, la disponibilité de ceux qui nous accueillent.

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