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En finir avec l’hypocrisie...

Atelier migrations, Sophie Baylac

Par Marie-Luce Charlin-Badinand, Groupe de Lyon/Saint-Etienne

Après l’atelier sur les Migrations, où est intervenue Sophie Baylac, juriste chargée des questions européennes pour la Défense des étrangers reconduits (DER) à la CIMADE, voici nos constats et nos
questions.

L’esclavage a été aboli, mais nous l’entretenons et choisissons nos esclaves…

L’esclavage moderne

Le Pacte Européen pour l’Asile et l’Immigration, adopté en novembre 2008, n’a pas pour but de protéger les migrants mais d’harmoniser la réglementation sur leur détention dans l’objectif de les renvoyer chez eux (voir la Directive européenne dite « Directive Retour », qui a donné lieu à un campagne de protestation). On les traite comme des criminels en les enfermant dans des prisons (centres de rétention) : qu’ont-ils fait de mal ? Si ce n’est rechercher une vie moins dure et pouvoir, en travaillant ici, faire vivre leur famille là-bas !

Parallèlement à ces choix répressifs se cache une politique délibérée de disposer dans chaque pays, d’une main-d’œuvre de travailleurs sans papiers, donc illégale, corvéable à merci et sous-payée : à qui profite cette politique ?

Face à cette hypocrisie, quelle place sommes-nous prêts à accorder aux migrants dans nos pays riches ?

La forteresse Europe

Jusqu’où l’Europe repoussera-t-elle les « murs » qu’elle construit, de plus en plus loin de chez elle, laissant le soin aux Etats tampons ou pays de transit de gérer les flux migratoires, ces pays étant bien moins regardants qu’elle sur le sort de ces migrants qui campent à ses pieds !

L’Europe organise à son profit, par des accords de coopération avec les pays d’origine des migrants, le choix des seuls immigrés qui contribueront à sa sécurité et à sa prospérité.
L’identité européenne se construit-elle face à un bouc émissaire : la peur de l’étranger pauvre ?

Et pourtant, vu le contexte démographique de l’Europe, tous les Etats savent qu’ils ont et qu’ils auront encore plus besoin de main-d’œuvre étrangère à l’avenir…

Des ponts, pas des murs !

Aujourd’hui se pose le problème des réfugiés qui fuient la pauvreté, demain que ferons-nous des réfugiés climatiques ?
Comment éviter la banalisation d’un discours qui amène à accepter cette intolérable politique de l’immigration ?

Bien que fragilisé, l’Occident apparaît toujours comme l’espoir d’une vie meilleure pour des millions d’hommes…
Comment le Nord peut-il être solidaire du Sud ? Jusqu’où accepterons-nous de baisser notre niveau de vie ?

Les mouvements migratoires ont toujours existé : c’est nous qui en avons fait un problème !

La régulation de l’immigration doit se faire dans le respect de la dignité humaine et de la justice, sans flatter les peurs.
Finalement est-ce que la solution ne serait pas plutôt la libre circulation des hommes d’un continent à l’autre ?

Que se passerait-il, si on laissait libre le passage des frontières ?

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