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Dans la main : nos trois bulletins de vote

Atelier Ecologie, Raymond Van Ermen

Jean-Michel Bourdin, Groupe Vallée de la Bièvre

Dès sa création, l’Union européenne a décidé de se construire en se fondant sur cinq piliers : la paix en Europe, la démocratie représentative, l’économie de marché, les droits de l’Homme, la protection de la Planète.

C’est toujours sur ces cinq piliers que l’Europe continue à se développer, avec maintenant 27 Etats membres au lieu des 6 pionniers à la sortie de la deuxième guerre mondiale.

Mais l’Europe évolue très lentement : ainsi dès la fin des années 60, le Club de Rome (Rapport Meadows, 1972) a voulu lancer l’Europe dans une démarche volontariste de protection de l’environnement et de développement durable. Or, il est manifeste que plus de 30 ans après, les consciences ne sont pas encore acquises à ces idées d’écologie, et que bien des Etats rechignent toujours à prendre des mesures pour protéger notre environnement et la Terre.

Pourquoi a-t-il fallu toutes ces années pour prendre conscience des dangers qui nous menacent – et qui sont plus graves et plus proches que ce qu’on croit généralement ?

Les transformations climatiques dont nous apercevons les graves effets – réchauffement de l’atmosphère, grandes catastrophes en Amérique, en Asie ou en Australie, disparition progressive des glaciers, etc. – progressent plus vite que ce que les experts avaient prévu et l’Homme perd visiblement le contrôle qu’il pensait garder sur la Planète.

Cette perte de contrôle sur la Nature entraîne un grave risque pour la sécurité du monde car la concurrence est de plus en plus rude pour l’accès aux matières premières, à l’eau et aux sources d’énergie. L’Europe ne connaît plus la guerre, mais ce n’est pas forcément le cas pour les autres pays qui recherchent la croissance, voire leur simple survie, au risque de devenir des belligérants s’ils l’estiment nécessaire.

Aux Etats-Unis, l’arrivée de B. Obama est une chance pour ceux qui attendent une économie plus « verte » : le plan de relance économique doit conduire à la création d’emplois « écologiques » afin de diminuer progressivement la dépendance énergétique du pays (Green New Deal).

En Europe, la démarche devrait normalement être analogue, – les mentalités y sont probablement plus favorables – mais la règle de l’unanimité à 27 est une terrible contrainte qui freine une avancée au rythme souhaitable. Les nouveaux arrivés (Pologne, Roumanie, Bulgarie, etc.) sont loin de souhaiter un développement plus écologique. Que faire alors, sinon accepter, au nom de la solidarité européenne, d’avancer à très petits pas (des engagements « minuscules » selon Daniel Cohn-Bendit), bien plus lentement que ce qui est nécessaire ?

Un « Grenelle de l’Environnement » devrait être réuni au niveau de l’Europe pour évoluer, à 27, vers une société plus durable et soucieuse du bien-être de ses habitants.

Il faut aussi prendre conscience que nos choix actuels engagent les générations à venir : la solidarité intergénérationnelle s’impose à nous, à nos enfants et à nos petits-enfants. Et les décisions sont d’autant plus difficiles à prendre que les lobbies – très présents et extrêmement actifs à Bruxelles – font tout pour faire évoluer l’Europe dans le sens de leurs propres intérêts.
De quelles armes, nous, simples citoyens, disposons-nous ? Les lobbies ne s’activant pas pour nous, c’est à nous d’utiliser tous nos droits de vote pour évoluer vers une société du « bien-être pour tous ».

Bien entendu, le premier de nos droits est le droit de vote, aux élections locales, nationales comme aux élections européennes. Contrairement aux idées reçues, les élections européennes ont plus de poids dans nos vies quotidiennes que les scrutins nationaux car les droits nationaux doivent être en concordance avec le droit européen (principe de « primauté de la législation communautaire »), souvent plus avancé que les différents droits nationaux.

Notre deuxième droit est celui du pouvoir d’achat, qui nous permet de peser sur les producteurs et les distributeurs en achetant les produits que nous souhaitons (ou en montrant ce que nous refusons).

Enfin, notre pouvoir d’investir est la troisième carte dont nous disposons pour peser sur les banques et sur les pouvoirs publics et pour leur montrer nos choix en « modifiant le monde », chacun à son échelle mais tous ensemble.
Avec ces trois cartes, nous pouvons évoluer vers une société du bien-être pour tous au niveau européen, société fondée sur une faible émission de carbone et sur de faibles « entrants » pour la production. Ce n’est pas la « décroissance », vantée ici ou décriée là, mais une croissance différente, qui utilisera moins de matières premières et moins d’énergie.

Enfin, on n’entend pas beaucoup les autorités religieuses s’engager sur ces problèmes si importants. A quand une encyclique de l’Église sur les problèmes environnementaux et le nouveau regard que chacun doit porter sur les biens communs que sont les ressources naturelles ?

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