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- Développement durable -

Construire sa maison bioclimatique

Yvonne Toussaint, groupe de Toulouse

Nicolas aime construire, modeler l’espace au plus près de ses idées et conceptions. Avec Magali, ils ont rêvé leur maison en intégrant les contraintes du terrain à leurs choix en matière d’environnement. Nicolas réalise lui-même une grande partie des travaux.

A quoi correspond ce projet de construction ?

C’est avant tout un projet familial. Le choix de l’autoconstruction est source d’économies.

Quel cahier des charges vous êtes-vous fixé ?

Au niveau de la conception, nos priorités se sont articulées autour du confort de vie, du bien-être, de l’esthétique, alliés au côté Feng Shui, c’est-à-dire le souci de la circulation des courants universels dans la maison. Si notre volonté d’économiser l’énergie a été un élément déterminant, nous ne sommes pas des puristes absolus et nous avons recherché ce qui nous a paru un juste milieu entre esthétique et bioclimatique.
Ainsi, nous avons fait d’importants travaux de terrassement pour avoir une terrasse plein sud alors que le terrain est orienté plein nord. Côté nord, nous avons renoncé à toute ouverture, mais nous avons créé une baie surdimensionnée au sud et privilégié certains volumes au profit de l’esthétique.

Qu’est-ce que le bioclimatique ?

C’est une construction conçue pour recevoir au maximum l’énergie solaire et minimiser les déperditions. On optimise la construction pour tirer profit du climat et limiter la consommation d’énergie. On joue sur la dimension et l’orientation des ouvertures pour capter l’énergie, la stocker puis la restituer en temps voulu.
La construction bioclimatique se distingue de la construction écologique qui, elle, utilise de préférence des matériaux « naturels », à faible énergie grise (énergie de fabrication, de transformation et transport). Elle préfère ainsi le chanvre à la laine de verre.

Quels sont vos choix pour l’énergie ?

Des panneaux solaires pour la production d’eau chaude, et un « central-cheminée » pour le chauffage central, c’est-à-dire une cheminée équipée de bouilleurs où circule l’eau qui va alimenter les radiateurs. Nous avons particulièrement étudié les circulations d’air pour optimiser les échanges et améliorer le confort. L’air est préchauffé en circulant dans des tuyaux situés deux mètres sous le sol. C’est le puits canadien. L’installation double flux permet d’extraire l’air humide et de récupérer les calories pour les restituer par l’air issu du puits canadien. Ce système permet de réaliser une économie de 30 % d’énergie. Il oblige, cependant, à poser des tuyaux dans toute la maison ! Il n’a d’intérêt que si parallèlement, on limite les ouvertures et veille à la très bonne étanchéité de la maison.

Ce choix a un coût ?

Bien sûr, d’autant plus qu’il y a peu de fournisseurs. Il ne faut certes pas rechercher l’amortissement ! Quoique les possibilités de crédits d’impôts sur de nombreux procédés ne soient pas à négliger...
Pour notre part, nous nous sommes laissés guider par nos convictions, notre recherche d’un vrai confort de vie, notre volonté d’indépendance et d’autonomie par rapport aux sources d’énergie.
Votre maison a-t-elle d’autres éléments caractéristiques ?
Oui, elle a une toiture végétalisée. Les plantes et la terre absorbent la chaleur, elles sont un excellent isolant. A titre d’exemple, la température sous le couvert végétal en plein été est de 22°C alors qu’elle est de 70°C sous en toit en tuile classique.
Nous avons aussi installé un double circuit d’eau, avec récupération des eaux de pluie pour les WC, la machine à laver, et l’arrosage.

Et l’aménagement du terrain ?

Nous préférerons les arbres fruitiers, les haies accueillantes pour les animaux...

De tels choix en matière de construction ne sont pas encore très fréquents. A quoi cela tient-il, à votre avis ?

Je citerais le manque d’information des architectes et des promoteurs qui confondent bioclimatique et écologique. La construction bioclimatique a un faible surcoût pour des économies d’énergie pouvant aller jusqu’à 60%. La construction écologique, quant à elle, a un coût beaucoup plus élevé, voire prohibitif. C’est donc la peur d’un coût élevé, la difficulté d’approvisionnent en matériaux écologiques, le manque d’artisans formés à ce type de procédés et sans doute le manque de sensibilisation à l’acuité du problème de l’environnement qui découragent beaucoup de gens.
Pour notre part, le déclic s’est fait avec la venue au monde des enfants. Leur ménager un avenir, adopter un mode de vie en cohérence avec nos idéaux.

Bibliographie

- L’isolation écologique, Jean-Pierre Oliva, éd.Terre Vivante 2001.
- L’architecture écologique, éd. Le Moniteur 2001.
Vaste panorama des pratiques européennes en matière de démarche environnementale appliquée à l’architecture et à l’urbanisme, cet ouvrage apporte des éléments de réponse à ceux qui cherchent des références pour construire autrement.
- Traité d’architecture et d’urbanisme bioclimatiques, André de Herde et Alain Liébard, éd. Le Moniteur.
Concevoir, édifier et aménager le bâtiment et le territoire pour répondre à nos besoins et à ceux des générations futures.
- La conception bioclimatique des maisons confortables et économes, Samuel Gourgey et Jean-Pierre Oliva, éd. Terre Vivante.

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