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"Coronavirus, ce que fait l’Union européenne"

par Nicole Vaucheret

Sur le Framavox dédié au confinement, un des sujets les plus populaires est celui de Nicole Vaucheret (Bruxelles) concernant l’Europe. Datant du 21 mars dernier, il a fait l’objet de nombreuses réactions et échanges nourris par l’actualité de ces derniers jours.

Pour que celui-ci soit à la portée de tous les clics, voici au fil du temps : le texte initiateur, les différentes réactions et échanges des membres de l’association sur le sujet. Si vous souhaitez participer à cet échange sur Framavox, envoyer un mail à communication LVN.

samedi 21 mars 2020 : "Coronavirus, ce que fait l’Union européenne" par Nicole VAUCHERET

Les vieux réflexes du repli sur soi de chaque pays ont fait leur réapparition. La coopération au niveau européen a été mise à mal. Mais toutes ces remarques ont incité Sauvons l’Europe à attirer l’attention vers un article du cabinet "l’Europe à la Une" qui clarifie de façon très pédagogique les compétences de l’Union européenne en matière de santé publique car (subsidiarité oblige) les traités européens ne donnent à l’UE que peu de compétence en la matière.

« En vertu du principe d’attribution, l’Union n’agit que dans les limites des compétences que les États membres lui ont attribuées dans les traités pour atteindre les objectifs que ces traités établissent. Toute compétence non attribuée à l’Union appartient aux États membres » (article 5 du Traité sur l’Union européenne/TUE §2).

A l’aspiration de ne pas voir s’accroître les compétences de l’Union, de façon clandestine, la répartition des compétences a été inscrite, scellée dans le Traité de Lisbonne (1re partie, « Les principes », titre I « Catégories et domaines de compétences de l’Union européenne »). Ceci même si la santé publique fait partie des droits fondamentaux de l’Union européenne invocable en justice (article 35 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne).

Voici d’utiles rappels sur les principes qui régissent l’Union européenne dans ses relations avec les Etats qui en sont membres et avec les 446 millions de citoyens européens que nous sommes.

Rappelons enfin que le nouveau coronavirus, de son nom scientifique (Severe acute respiratory syndrome coronavirus 2- SARS-CoV-2) dont la maladie baptisée Covid-19 qui en résulte est une maladie infectieuse émergente de type zoonose virale, est apparu dans la ville de Wuhan (province chinoise d’Hubei) en décembre 2019 après avoir été révélé par le courageux médecin chinois Li Wenliang, défiant les autorités chinoises au prix de sa vie auquel le Parlement européen a rendu hommage. https://www.sauvonsleurope.eu/wp-content/uploads/2020/03/Article-COVID19-UE.pdf

samedi 21 mars François Leclercq :
Est-ce que l’Europe a une utilité dans ce moment de crise que nous traversons. La réponse ne sera jamais ni entièrement positive ni entièrement négative, mais il faut la mesurer.

dimanche 22 mars VAUCHERET Nicole :
L ’Europe n’a de compétences que pour autant que les Etats membres les lui ont conférées et c’est rien pour la santé, seulement des taches de coordination. Mais bien d’autres domaines sont touchés par cette épidémie, en particulier l’économie… Je vous incite à lire l’article très précis et pédagogique.

mardi 24 mars Marie Thérèse Berthelot :
Oui l’Europe a plus que jamais utilité, partager ses savoirs en recherche et soutien des divers pays , solidarité même en cas de mesure de sécurité, parlons encore de solidarité et non de guerre.

mardi 24 mars Henri Martin :
Une brochette d’économistes européens à lancer un appel : « Aucun État membre ne devrait avoir à demander un renflouement ou à signer un protocole d’accord pour accéder au financement d’urgence de l’Union européenne. Il s’agit d’une crise européenne, cela nécessite une solution européenne.
Plutôt que de laisser chaque État membre émettre sa propre dette pour financer ses efforts budgétaires, nous demandons au Conseil européen de convenir d’une euro-obligation commune. Nous avons besoin d’un instrument de dette commun afin de mutualiser les coûts budgétaires
Nous avons besoin d’un instrument de dette commun afin de mutualiser les coûts budgétaires de la lutte contre cette crise. Il est maintenant temps d’agir. C’est le moment de la solidarité. Le temps des euro-obligations est venu. »
http://www.newpoliticaleconomyeurope.eu/t4media/OpenLetter.pdf

Voici la liste des signataires.
http://www.newpoliticaleconomyeurope.eu/t4media/OpenLetter.pdf
Vont-ils être entendus ? on peine à le croire. Est-ce dramatiser que de constater que les dirigeants européens sont collectivement à la croisée des chemins, et de se demander quelle nouvelle détérioration de la situation sanitaire va pouvoir les forcer à sortir de leur cadre de pensée et d’action étriqué ?
Tiré de DECODAGES de (blog de Françis Leclerc)
(un homonyme de notre président )

mardi 24 mars VAUCHERET Nicole :
Le blocage vient souvent de l’Allemagne et des Pays-Bas, mais là
cela change ! mais encore une fois il ne faut pas confondre ce qui
est du ressort de l’UE et ce qui est accepté par les Etats-
membres, réunis au sein du Conseil, qui sont co-législateurs avec
le Parlement européen.

L’Allemagne et les Pays-Bas « ouverts » aux « obligations
corona »

https://www.euractiv.fr/section/economie/news/germany-and-netherlands-open-to-consider-coronabonds/?utm_source=EURACTIV&utm_campaign=84ddb67aa7-RSS_EMAIL_FR_InfosDeLaSemaine&utm_medium=email&utm_term=0_c59e2fd7a9-84ddb67aa7-115008991

samedi 28 mars Henri Martin :
Neuf États de l’UE, dont la France, l’Espagne et l’Italie, plaident pour émettre de la dette en commun, afin d’amortir le choc de la crise économique à venir. Mais Berlin et La Haye s’y refusent. Ce n’est pas un problème sanitaire mais un problème économique : mise en commun de la dette. L’UE est en train d’exploser car on se divise pays contre pays.

samedi 28 mars VAUCHERET Nicole :
C’est pas une explosion car le problème n’est pas nouveau : les mêmes Etats membres ont toujours refusé de mettre les dettes en commun. Mais la partie n’est pas terminée.

dimanche 29 mars Jean-Claude Guerard :
Je crois en l’Europe et il faut la sauver. Nos gouvernants Français doivent créer un rapport de force au sein des institutions, mettre en place une coalition dominante afin de faire plier l’Allemagne et les Pays Bas et d’autres éventuellement . Cette coalition doit proposer un plan Marshall pour le redressement économique et social. La dette doit être collective, chacun assurant sa part en fonction de ses possibilités. Sans ces objectifs, l’Europe peut en mourir. Tout dépend de nos hommes politiques. En auront-ils le courage, la volonté, ne seront-ils pas rattrapés par la finance mondiale ? Nous devons leur mettre la pression....

dimanche 29 mars Jean-Claude Boutot :
J’avais le réflexe de renvoyer à l’article de Sauvons l’Europe et je m’aperçois que Nicole l’avait déjà signalé, il est intéressant. Une remarque supplémentaire, si le sujet sanitaire, au titre du principe de subsidiarité, relève des Etats , le sujet d’une crise économique consécutive peut/devrait relever de la solidarité commune. Mais on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif. La solidarité (ainsi que le principe républicain de fraternité) est une affaire de volonté. A cet occasion nous pourrions peut-être réfléchir à la portée et au sens de ce principe de subsidiarité qui apparaît, à première vue, comme un principe d’organisation et d’ordre simple.

dimanche 29 mars Georges Delennege :
Bonjour à toutes et tous, Pour la question de la dette et de son remboursement, d’après ce que j’ai pu en lire sur sa mise en commun entre les pays de l’Europe, il y a une cause plus ancienne qui est structurelle et non de désirs idéologique, de croyances, elle date surtout de l’institution de la monnaie unique. Les écarts entre les économies des pays du nord, plutôt riches, sont trop importants par rapport aux pays du sud de l’Europe, cela ne pouvait fonctionner à long terme, pour les pays du sud principalement. Cela certains dirigeants avaient conscience que le système d’une monnaie unique n’était pas assez pensé dans sa complexité et serait source de difficultés économiques. La crise sanitaire est le déclencheur qui remet aujourd’hui en surface cette disparité structurelle. Y a-t-il une bonne solution ... ?
On se confine, on pense, et on échange.

lundi 6 avril Henri Martin (Dijon) :
Après l’Italien Giuseppe Conte, l’Espagnol Pedro Sánchez tente à son tour de persuader dans la presse l’opinion allemande que « le temps est venu de mutualiser la dette »
« l’Allemagne manque de solidarité, se montre mesquine et lâche », et enchaîne « il n’y a pas d’alternative aux coronabonds dans la crise ». Le quotidien voit quant à lui le danger : « si le veto allemand (aux coronabonds) l’emporte, la grave crise en Italie pourrait faire exploser l’euro ».
Tous les plans mis en œuvre à l’échelle européenne pèchent par un même défaut : ils distribuent des crédits qu’il faudra un jour rembourser.
La banque centrale japonaise monétise à tour de bras sans se soucier de la taille de son bilan.
Qu’est-ce qui est le plus insoutenable à terme, l’endettement des États ou l’hypertrophie du bilan des Banques centrales ?
La question n’est plus académique, il faudrait qu’un miracle intervienne pour ne pas avoir à sauter le pas.
D’après DECODAGES : https://décodages.com/2020/04/05/une-question-avec-pour-enjeu-beaucoup-de-centaines-de-milliards-deuros-de-livres-et-de-dollars/#more-108904

jeudi 2 avril VAUCHERET Nicole :
"Deux commissaires européens plaident ce lundi pour un recours à un emprunt européen pour faire face à la crise du coronavirus dans une tribune publiée dans la presse, où le gouvernement allemand est critiqué pour son opposition aux « coronabonds ».

Sans en appeler directement à l’Allemagne, les commissaires européens au Marché intérieur Thierry Breton et à l’Économie, Paolo Gentiloni, demandent aux 27 États membres de l’UE de faire preuve de « solidarité » en créant un fonds européen financé par l’impôt et capable d’émettre des obligations à long terme, dans une tribune publiée en Allemagne par la Frankfurter Allgemeine Zeitung et Le Monde en France."

"Certains États européens, dont la France et l’Italie, ont dernièrement demandé à l’Allemagne et certains pays du nord de l’Europe la mutualisation de certaines dettes face aux conséquences économiques de la pandémie."
Voir la suite sur :
https://www.euractiv.fr/section/avenir-de-l-ue/news/deux-commissaires-europeens-mettent-la-pression-sur-lallemagne-pour-les-coronabonds/
l’histoire n’est pas terminée ! à suivre donc ….

lundi 6 avril Marie Thérèse Berthelot :
Beaucoup de personnes proches touchées. (...)

Je vous signale que des députés se réunissent actuellement pour "Le Monde d’après doit commencer maintenant", autour, notamment d’Adrien Quatennens, jeune député du Nord de la France Insoumise.
A suivre absolument leurs travaux, si on peut obtenir le contact.

lundi 6 avril Jean-Claude Boutot :
OK Nicole pour une traduction que tu proposes bien qu’il peut nous rester un vernis d’anglais tu dois être plus à l’aise et cela permet de partager davantage cet article.

lundi 6 avril Jean-Claude Boutot :
Une autre idée, cette discussion a commencé par une remarque qui a une dimension économique "la dette". Outre notre atelier politique je ressens le besoin de partager, ou plutôt de trouver un lieu, des personnes qui nous permettent de nous améliorer dans ce domaine qui n’est pas très présent dans nos réflexions alors que souvent il domine notre environnement.
Un lien avec un rapport qui date de 2018 mais est toujours d’actualité :
https://www.secours-catholique.org/sites/scinternet/files/publications/dp_0.pdf
Même si l’économie est bien politique un angle d’approche spécifique est nécessaire pour ne pas rester ignorant.

lundi 6 avril Jean-Claude Guérard :
Très intéressant ton envoi Nicole. Il est d’autant plus important que l’actualité va pousser l’Europe à chercher des solutions rapides à cette crise. Y a t il des risques d’éclatement de l’Europe, de la mise à mal des traités ? N’est ce pas un moment opportun dans l’histoire de l’Europe de changer de braquet ? Aller plus loin et mieux dans la construction Européenne. Nos dirigeants les plus européens prendront ils le dessus sur les plus frileux ? Toutes ces questions, je me les pose et bien qu’étant très européen, je crains que la défense des intérêts particuliers soit supérieure à celle du collectif.

lundi 6 avril VAUCHERET Nicole :
Ce qui est très intéressant en ce moment c’est qu’on a un champs d’expérimentation que personne n’aurait osé espérer. Boris Johnson qui a proné le Brexit et même un "hard Brexit" se trouve à l’hôpital depuis hier soir après avoir minimisé les conséquences sur la population britannique de sa position paradoxale misant sur une "immunité de groupe". Lire à ce sujet l’article qui est à cette heure en Anglais et dont j’essaierai de faire une traduction si certains sont intéressés. https://www.socialeurope.eu/how-his-brexit-project-explains-johnsons-dithering-on-covid-19
Il est clair qu’aucun pays ne s’en sortira tout seul et tous les dirigeants qui ont choisi le repliement sur leurs frontières vont trouver des avantages au multilatéralisme.

mardi 7 avril VAUCHERET Nicole :
pour répondre à Marie-Thérèse, j’ai trouvé sur le Monde un article paru hier au sujet d’une consultation en ligne :
https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/06/en-france-les-pistes-pour-imaginer-le-monde-d-apres_6035721_3234.html

"la volonté d’associer les citoyens à la réflexion. Matthieu Orphelin a lancé, samedi 4 avril, avec 60 députés, une consultation en ligne pour « construire le jour et le monde d’après », dont la synthèse est prévue mi-mai. Les 150 Français de la Convention citoyenne pour le climat, qui travaillent depuis six mois sur des réponses à la crise climatique, ont aussi débattu d’une stratégie de sortie de la crise du Covid-19 lors d’une session en visioconférence les 3 et 4 avril.

A l’instar du collectif Démocratie ouverte, qui œuvre à un renouveau de la démocratie, des dizaines d’initiatives de la société civile appellent à la mise en place d’un chantier participatif permettant à tous les citoyens de proposer des solutions et de délibérer. « La synthèse des propositions serait remise entre les mains de la Convention citoyenne pour le climat ou d’une nouvelle assemblée de citoyens tirés au sort, dédiée à la question du plan de relance », soumet Armel Le Coz, coordinateur de Démocratie ouverte

mardi 7 avril Jean-Claude Guérard :
Bonjour Nicole,

Merci beaucoup pour tes envois sur ce qui se passe à Bruxelles, cette actualité qui commence à envisager l’après confinement, dans toutes ses dimensions.

Si cela remue et bouge à Bruxelles, tant mieux mais en espérant qu’on pourra dépasser les clivages et nationalismes des états. Espérons aussi qu’il n’y aura pas de règlements de compte.

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