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La météo politique, mars 2018

La situation en France

Macron a une grande capacité de travail et de séduction. C’est un communicateur. Il a agi en aspirateur de forces politiques jeunes. Mais il a un goût personnel du pouvoir qui n’a jamais été aussi centralisé que maintenant. Les députés de sa majorité sont bridés dans leur communication et ce n’est pas très sain pour la démocratie. Il faut cependant reconnaître qu’il a réussi à rétablir un certain optimisme parmi les Français.

Dans sa politique migratoire, beaucoup plus sécuritaire qu’humanitaire, Macron est sans état d’âme. Beaucoup d’ONG, d’intellectuels dénoncent cette politique. Bien entendu, également l’atelier « Pour un avenir solidaire » avec lequel nous sommes en plein accord. Heureusement la Ministre de la culture, Françoise Nyssen propose des lieux d’exposition pour des œuvres d’artistes en exil, Heureusement que la députée LRM, Sonia Krimi, a su à deux reprises à l’Assemblée s’opposer au premier Ministre et au projet de loi « Pour un immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif ». Tandis que de son côté Aurélien Taché, lui aussi LRM, a fait 72 propositions pour favoriser l’intégration des immigrés. Mais le fond du projet de loi consiste à trier les migrants en forçant les demandeurs d’asile à constituer des dossiers au pas de course, pour ensuite renvoyer les déboutés hors de France..

La loi de finance de 2018 confirme de la part du gouvernement une option préférentielle pour les riches . L’Observatoire citoyen de la qualité démocratique (OCQD) du Pacte civique, qui n’est pourtant pas excessivement sévère pour le gouvernement, a conclu en ce sens au cours du lancement de sa phase 3. C’est une loi favorable aux détenteurs de capitaux, a-t-il été dit. Pour notre part, nous allons continuer notre réflexion sur les politiques qui accroissent ou réduisent les inégalités. Elle constitue le fondement de notre jugement sur la politique choisie. Lors de notre réunion nous avons avancé sur les inégalités environnementales, territoriales, face à la santé et au logement. Le site de l’Observatoire des inégalités est une source précieuse à ce sujet.

Les États généraux de l’alimentation ont abouti à un projet de loi de bien maigre portée. Il essaye de réglementer le rapport de force entre grande distribution et agriculteurs, et de mieux tenir compte des coûts de production de ces derniers. Mais est-ce que ça va permettre de lutter contre « la loi du marché » qui prévaut à l’international ? Certes, au sein de l’Europe, Macron prône une harmonisation des politiques sociales et fiscales pour se rapprocher d’une concurrence non faussée, mais pourquoi a-t-il manifesté aussi peu de réserves dans la négociation sur le CETA et qu’il n’a pas l’air d’être sensible aux risques de négocier avec le Mercosur ? C’est l’activité agricole, à la charnière des processus écologiques et de l’alimentation qui met le plus en évidence les contradictions du système économique. Les agriculteurs, tous syndicats confondus, l’expriment bien. Par ailleurs, notons que dans cette loi aucune avancée n’a été faite pour promouvoir une agriculture plus agroécologique.

La politique de réduction du nombre des fonctionnaires a également été discutée, en critiquant les comparaisons avec les pays étrangers. En Allemagne, par exemple, la dépense publique est moins importante qu’en France parce que nos dépenses sont plus importantes pour la défense, les prestations sociales, la santé et pour les dépenses de personnel. Mais, en Allemagne, les personnels hospitaliers ne sont plus dans la fonction publique et la scolarité démarre à six ans contre 3 chez nous. Par ailleurs, chez notre voisin l’investissement public a marqué un coup d’arrêt depuis quelques années. On voit que la dépense publique reflète un choix de société.

Si Macron et le gouvernement peuvent poursuivre tranquillement leur route, c’est qu’ils ne rencontrent aucune opposition. Pas plus à droite qu’à gauche. Le Parti socialiste, en particulier, auquel nombre d’entre nous étaient attachés a du mal à se reconstruire. La France insoumise n’a pas le poids qu’elle espérait avoir. Les manifestations initiées par les syndicats n’ont pas eu grand succès.

Règne une sorte d’atonie politique dans la société et une certaine irresponsabilité. On l’a bien vu au cours des intempéries (inondations et neige). La tentation vient vite d’accuser les pouvoirs publics au lieu d’essayer de mesurer les responsabilités de chacun et de comprendre ce qu’est une catastrophe naturelle.

A propos de l’abandon du projet de Notre Dame des Landes et du statut de la Corse, nous avons eu des débats sur le fonctionnement démocratique et le rôle des minorités dans les processus de décision.

La situation en Europe et à l’international

Sur le plan international il faut reconnaître que Macron, très actif, a redonné du poids à la France. Pour l’Europe il a fait 10 propositions dans son discours à la Sorbonne qui pourraient corriger vers plus de solidarité la façon dont sont appliqués les traités. Il pousse notamment à une harmonisation des politiques sociales et fiscales. L’absence, pour l’instant, du partenaire allemand réduit les chances d’avancée.

La situation internationale se dégrade très vite au Moyen-Orient. La Syrie, le Yémen sont des terrains de lutte entre puissances étrangères dont les premières victimes sont des civils de tous les ages. La communauté internationale, l’Europe sont impuissants.

Pendant ce temps le territoire palestinien continue a être grignoté par la colonisation israélienne. En ne manifestant pas une opposition ferme à cette colonisation, en confondant soutien au peuple juif et soutien à la politique israélienne (discours du 17 juillet 2017, anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv), Macron ne joue pas le rôle que la France pourrait avoir au moins sur cette question récurrente du Moyen Orient. Du coup, il entretient une attitude d’anti-sémitisme. Israël poursuit une politique de terreur vis à vis des palestiniens. L’adolescente de 16 ans, Ahed, emprisonnée pour avoir bousculé un soldat israélien est le symbole de cette répression féroce sur les 3000 à 4000 personnes (dont 300 à 400 enfants) qui sont arrêtées sans jugement. L’État hébreux poursuit un politique suicidaire de double refus : refus de reconnaître un État palestinien et refus d’intégrer les palestiniens dans leur territoire. Un nouvel apartheid !

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