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Ambassadeur du Projet urbain de rénovation

Par Marie-Bernadette Bertrand, Groupe de Rennes

Nous avons rencontré Simone Gallier, qui est ambassadeur dans le cadre du Projet Urbain de rénovation du quartier.

Citoyens : Qu’est-ce qu’un ambassadeur et comment avez-vous accepté cette fonction ?

Chaque année, en janvier, le Comité de Quartier organise une fête au bas d’un immeuble du quartier du Blosne (du nom d’un petit ruisseau qui traverse la zone), pour offrir ses vœux aux habitants. C’est lors de cette soirée de vœux que j’ai entendu l’élu de notre quartier mentionner la mise en place des "Ambassadeurs".
Puis il y a eu un article dans Ouest-France, qui faisait connaître la demande de la Direction de Quartier : les personnes intéressées à la vie du quartier pouvaient se proposer comme ambassadeurs. Cette initiative venait de ce qui avait déjà été expérimenté dans l’îlot de Sétubal ; de très nombreuses rencontres et des ateliers avaient été proposés aux habitants pour leur permettre de donner leur avis sur les cheminements, les couleurs, les stationnements, l’apparence et l’ambiance… Le budget même de l’opération de rénovation avait été sensiblement affecté par la prise en compte des remarques des habitants.
En s’appuyant sur cette première expérience, et au commencement d’un vaste projet de rénovation, l’équipe de la Direction de Quartier a cherché comment associer les habitants à sa conception, puis à sa réalisation.
Le pari a été gagné, en cette première étape, car il y a 50 ambassadeurs et 50 suppléants qui ont accepté cette charge.

Citoyens : Que signifie donc être "ambassadeur" et à quoi sert-il ?

Nous sommes à parts égales hommes et femmes, tous bénévoles, plutôt âgés, donc connaissant bien le quartier, et répartis dans tous les îlots.
L’ambassadeur est un porte-parole, un passeur d’idées ; il reçoit des informations sur les propositions faites pour les modifications envisagées, (immeuble à construire ou à modifier, espaces publics à transformer, etc.) et il peut ainsi les communiquer aux habitants, et répondre à leurs questions.
Il entre aussi dans ses attributions de donner droit de cité aux souhaits, réactions et craintes des habitants. Il s’agit d’un rôle centré sur les personnes et les réactions individuelles ; par ailleurs les associations sont consultées et donnent leur avis, mais là il s’agit de ce qui se dit et s’entend au marché, dans l’ascenseur, au coin du square…
L’ambassadeur est aussi présent lors des réunions d’information organisées dans différents endroits du quartier. Il a d’ailleurs contribué à l’affichage de la réunion et il en a parlé autour de lui pour encourager à la participation.

Citoyens : Selon vous, est-ce un rôle utile pour la participation des habitants à ce projet ?

Dans le quartier de Pologne, 60 personnes sont venues à la réunion, en grande partie grâce à la mobilisation faite par les ambassadeurs. Jusqu’à présent 260 personnes ont participé aux réunions d’information, ce n’est pas rien ; dans les réunions à petit nombre, il est plus facile pour les habitants de s’exprimer qu’à la grande assemblée du Conseil de Quartier.

Citoyens : Sur quoi la parole des habitants peut-elle changer quelque chose ?

Un immeuble était prévu square de Poméranie, à dix mètres des habitations existantes. Les habitants l’ont écrit à l’Atelier Urbain, et l’immeuble ne se fera pas. Un autre immeuble sur l’avenue est également remis en question.
Pourra-t-on modifier des éléments ? À l’extérieur, espaces publics, circulation, aménagements, sans doute, mais pour la construction elle-même, pas sûr !
Certaines tours vont partiellement changer d’affectation, certains étages seront affectés à des services, des écoles ou des logements étudiants… Et là, ce sont les bailleurs sociaux qui font le travail de sensibilisation et de relais avec les habitants.

Citoyens : Quelle idée-force peut-on retenir ?

Certainement c’est la maîtrise d’usage : reconnaître un savoir-faire à l’usager, et lui demander d’en faire bénéficier les concepteurs, architectes, urbanistes et décideurs politiques.
Les échanges lors des réunions de formation qui regroupaient les ambassadeurs, ont déjà permis que soit mieux pris en compte le projet de vie dans le quartier, et que soit mesuré l’impact de la rénovation sur l’image du quartier, les habitants actuels et futurs, la vie sociale, la place des différents groupes d’habitants. Il y a encore beaucoup à faire !

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