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Autour de Célestin Ringeard

Par Francis Boulangé, Groupe de Nantes

Le 19 novembre dernier, le groupe de La Vie Nouvelle de Rennes et Poursuivre proposaient une soirée de partage à la mémoire de Célestin Ringeard à l’Église Sainte-Bernadette d’Orvault (44).
Célestin Ringeard était éducateur des rues à Nantes, avant de rejoindre le monastère de Tibhirine en 1987. Il est l’un des moines assassinés en 1996.

Plus de 300 personnes avaient rempli l’église, pour découvrir, mieux connaître ou témoigner sur Célestin Ringeard.

Prêtre sur la paroisse Saint Dominique, il était alors très proche des quartiers populaires (Chêne des Anglais…) et aussi des plus pauvres, des personnes en difficulté sur son quartier, témoignait Marie Deff : "Sa porte était toujours ouverte à tous ceux qui se trouvaient dans la détresse".

Puis, se sentant moins à l’aise comme prêtre de paroisse et un peu en froid avec son diocèse, il changea complètement et travailla alors comme éducateur social auprès des plus démunis, s’investissant dans des associations antialcooliques. Une vie difficile car "toujours sur la brèche, souvent sollicité à toute heure, avec des situations de détresse profonde", témoigne Jacques Hubert, alors éducateur à ses côtés.

Mais, à côté de cette hyperactivité, il gardait un besoin de pause, de recueillement et allait souvent au monastère cistercien de Bellefontaine près de Beaupréau (49).

Un participant a aussi témoigné qu’étant dans la rue, Célestin l’avait "sauvé", et qu’il était heureux de vivre jusqu’à aujourd’hui, à 70 ans, grâce à lui.

Très communicant et d’un tempérament joyeux, Célestin appréciait les fêtes, et aimait jouer avec les enfants qui l’adoraient. De nombreux témoins l’ont attesté.

Puis, à la surprise de ses proches, il quitte ce métier en 1983, pour choisir d’intégrer le monastère cistercien Bellefontaine, et rejoint ensuite Tibhirine en 1987.

Un déclic, raconte son ami Hubert Lochmann : "un jeune Algérien le recherche sur Nantes, et lui dit : "Vous avez sauvé mon père en Algérie !" En effet Célestin y avait fait son service militaire comme infirmier en 1959 et avait alors osé soigner un jeune résistant du FLN grièvement blessé.

Plusieurs sont allés le voir à Tibhirine où il a prononcé ses vœux en 1991. Chantre de la communauté, avec son oreille absolue, il aimait aussi marcher dans la montagne tous les matins.
Revenu sur Nantes pour se faire opérer du cœur en 1993, il confia alors à la fois sa peur, mais aussi son désir de rester dans sa communauté, où il a eu "plus de mille bonheurs", écrivit-il à une amie, peu de temps avant son enlèvement.

Michel Le Borgne, enseignant de cinéma au lycée Gabriel Guist’hau, donne alors quelques clés sur le film Des hommes et des dieux, que tous les participants ont déjà vu, précisant notamment que le scénario présentait un "Célestin effacé et discret", à l’opposé de son réel caractère.

Jacques Hubert explique, en conclusion, comment des personnes de toutes confessions ont prié ensemble chaque semaine pendant la période de l’enlèvement des moines. Puis, pour poursuivre cet "esprit de dialogue" qui animait Tibhirine, il créa à Nantes l’association de Tibhirine, qu’il préside. Ainsi depuis 14 ans, le premier mardi de chaque mois à 19 h, salle de la Fontaine à Nantes, des représentants de toutes les religions et des agnostiques partagent un temps de prière commun, chemin nécessaire pour construire la paix.

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