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L’agriculture sahélienne 20 ans pour relever les défis

Par Joseph Serin, Groupe de Rodez

Ce regard est le résultat d’un voyage au Burkina Faso effectué en janvier 2009 avec cinq autres personnes du Groupe de Rodez .
L’article propose un cheminement autour de trois idées :
- l’agriculture est l’enjeu majeur de l’Afrique ;
- nous avons constaté un extraordinaire foisonnement d’initiatives au Burkina Faso ;
- il y a urgence pour une Politique Agricole et Alimentaire Commune (PAAC) au niveau de l’Afrique de l’Ouest.

L’agriculture sahélienne est limitée par le manque d’eau et la grande variabilité de la pluviométrie. Le niveau de productivité de l’agriculture familiale reste très faible : un actif cultive en moyenne un hectare et produit une tonne de céréales en culture pluviale. Les paysans et de leurs familles cultivent à la main et la culture attelée reste encore trop minoritaire. Cette très faible productivité explique la pauvreté de masse de la population agricole.

L’histoire du développement agricole depuis l’indépendance peut être résumée en trois périodes qui présentent des contextes très différents :
La période 1960-1980 au cours de laquelle le développement agricole, considéré comme prioritaire, a été impulsé par les Etats nouvellement indépendants et a été réalisé sous l’influence de l’ancienne puissance colonisatrice et des grandes organisations financières. Globalement cette période fut un échec et les Etats, endettés sous la contrainte des ajustements structurels du FMI, se sont alors désengagés.

Au cours de la période 1980-2007, le contexte mondial est néolibéral, la production alimentaire mondiale est supérieure à l’augmentation de la population, la population urbaine africaine est de plus en plus nourrie avec des produits à bas prix provenant de pays qui subventionnent les exportations (Europe, USA) ou des pays compétitifs au niveau du commerce international (Brésil, Thaïlande).

Les agricultures sahéliennes, peu protégés, sans politique propre, sans financement important de la part des mêmes organisations internationales (l’aide publique aux projets agricoles ne représentent en 2000 que 4 %), ne peuvent compter que sur leurs propres ressources avec le soutien financier et l’appui d’ONG de pays riches.

Les années 2007-2010 se caractérisent par une extrême volatilité des prix agricoles (flambée suivie d’effondrement de ces mêmes prix), par des émeutes de la faim dans les villes, par une nette augmentation de la population mondiale souffrant de la faim (1 milliard en 2010 dont 75 % sont des paysans et des ruraux), par l’apparition de la concurrence des agrocarburants et enfin par l’achat de terres agricoles par des pays tels que la Chine et la Libye.

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